Agir en prévention :

Proto | MDMA | CBD.

Depuis quelques années maintenant, la consommation de produits psychoactifs s’est développée en milieu festif. Des produits moins connus auparavant deviennent populaires, notamment le protoxyde d’azote, la MDMA ou encore le CBD. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

1. Le protoxyde d’azote

Proto

Détourné de son usage pour ses propriétés euphorisantes, le protoxyde d’azote est un gaz destiné à un usage domestique (utilisé comme gaz propulseur dans les cartouches pour siphons à chantilly), médical (utilisé comme anesthésiant) ou industriel (utilisé comme agent comburant).

C’est un produit licite et accessible en vente libre mais réglementée. En effet,  depuis la loi du 1er juin 2021, sa vente est interdite aux mineurs. Encourager un mineur à consommer un produit de consommation courante dans le but d’en retirer des effets psychoactifs peut entraîner une sanction de 15 000 euros d’amende.

L’inhalation de protoxyde d’azote entraîne une euphorie comparable à une ivresse, souvent accompagnée de rires incontrôlables, des distorsions visuelles et auditives, une sensation de dissociation, un état de « flottement », une désinhibition. L’inhalation modifie la voix qui devient particulièrement grave durant quelques secondes. Les effets sont quasiment instantanés et disparaissent en 2 à 3 minutes.

Son inhalation récréative est dangereuse et présente des risques réels pour la santé, quelle que soit la fréquence des prises et l’usage : risque de brûlure par le froid, manque d’oxygène (asphyxie), perte de connaissance et chute, perte des réflexes de la toux et de la déglutition (risque de fausse route). De plus, l’usage régulier et/ou à fortes doses peut entraîner des troubles cardiaques et neurologiques et même une détresse respiratoire en cas de surdosage.

Le mieux c’est de ne pas consommer du tout, mais si c’est le cas, voilà quelques conseils pour réduire les risques :

  • Ne pas inhaler le gaz directement en sortie de cartouche et se protéger les mains (risque de brûlure)
  • Éloigner les cartouches de toute flamme (briquet, bougie, cigarette…)
  • Éviter de consommer debout (risque de chute)
  • Éviter les mélanges avec l’alcool ou d’autres produits psychoactifs
  • Ne pas respirer en continu dans le ballon et espacer les prises (risque d’asphyxie)
  • Ne pas consommer seul et si on ne se sent pas bien (fatigué.e, stressé.e…)
  • Ne pas conduire (voiture, moto, trottinette)

2. La MDMA

MD
MA

Le principe actif de l’ecstasy est la MDMA, qui est une molécule de la famille des amphétamines. Bien souvent, quand on consomme de l’ecstasy, le produit contient des doses variables de MDMA. Il arrive aussi qu’il ne contienne pas de MDMA mais d’autres substances actives qui peuvent être des médicaments ou des drogues de synthèse.

L’ecstasy a l’état brut ressemble à des cristaux de couleur blanche mais est très souvent utilisé chez les jeunes bien souvent en comprimés dans les milieux festifs mais aussi sous d’autres formes comme la poudre, gélule ou cristaux.

En premier lieu, la MDMA est un stimulant qui produit un effet énergisant et diminue les sensations de fatigue donnant l’impression aux usagers de pouvoir communiquer facilement avec autrui. A cela s’ajoute un bien être corporel.

Le public jeunes peut donc être tenté par le principe actif de l’ecstasy, la MDMA.

Des effets secondaires sont systématiques comme l’augmentation de la fréquence cardiaque ou une hypertension artérielle accompagnée de palpitations et des bouffées de chaleur avec une forte transpiration.

La MDMA peut provoquer une hyperthermie accompagnée de déshydratation, une hépatique aiguë, une fibrillation ventriculaire et des troubles du comportement.

Conseils de réduction des risques spécifiques aux organisateurs :

  • Proposer du matériel de prévention en libre accès (roule ta paille).
  • Offrir des flyers complets et affiches en termes de RDRD comme Techno+ et Fêtez-Clairs.
  • Proposer des chewing-gum, pour limiter les dégâts du bruxisme (grincement ou serrement des dents).
  • Simple et peu coûteuse à mettre en place, l’accès à l’eau gratuite et à volonté, on peut aussi imaginer des gourdes d’eau installées dans des sacs à dos afin de remplir les gobelets de votre public. (Méthode efficace pour lutter contre la déshydratation car en prenant de la MDMA, la température du corps augmente.)

Conseils aux consommateurs :

  • Attention aux doses (surtout les premières fois): attendre de connaître les effets sur soi avant de chercher à consommer plus ou plus souvent, par exemple ne prendre qu’une moitié de comprimé, en tout cas ne pas prendre plusieurs comprimés à la suite.
  • Ne pas mélanger plusieurs produits psychoactifs avec la MDMA notamment l’alcool. La combinaison de MDMA et d’alcool augmente les niveaux de dopamine et de sérotonine dans le cerveau.Trop de sérotonine dans le cerveau peut mettre la vie en danger sans traitement.
  • Prévoir la possibilité de se reposer les jours suivants une prise d’ecstasy.
  • Ne pas conduire après avoir consommé

3. Le CBD

CBD

Le CBD (cannabidiol) est un des cannabinoïdes présents dans le cannabis (l le plus connu étant le THC car il est responsable des effets psychoactifs du cannabis). Les effets du CBD sont différents de ceux du THC : il n’a pas d’effet euphorisant, il n’a quasiment pas d’effets psychotropes et ne semble pas avoir de potentiel addictogène.

Les produits finis à base de CBD sont autorisés s’ils respectent ces conditions :

  • Utiliser une variété de chanvre autorisée figurant sur la liste du Code de la Santé Publique : Article R5132-86 – Code de la santé publique.
  • Les fleurs et les feuilles sont produites à partir de de plantes issues de semences certifiées. La vente de plants et la pratique du bouturage sont interdites.
  • La culture, l’importation, l’exportation et l’utilisation industrielle et commerciale des fleurs et des feuilles mentionnées dans l’article du Code de la Santé Publique est autorisée. L’utilisation de graines et de fibres est autorisée
  • Le CBD doit provenir d’une plante dont la teneur en THC est inférieure à 0,3%.

La législation concernant la vente et la consommation de fleurs et de feuilles de CBD évolue très régulièrement en ce début d’année, mais à ce jour, cela est autorisé.

Les effets recherchés du CBD peuvent être multiples : réductions des douleurs, du stress, de l’anxiété et des troubles du sommeil, effets antidépresseurs… Mais les études sur le sujet sont peu claires et parfois contradictoires. Beaucoup d’informations restent à prouver scientifiquement.

Les effets secondaires peuvent être les suivants : sédation, somnolence, fatigue, diarrhées, nausées, vomissements, modifications de l’appétit et de poids, fièvre.

Un état de confusion, un étourdissement ou une chute de tension artérielle peuvent se manifester dans certains cas très rares.

Consommé à haute dose,il existe des risques et complications : toxicité au niveau du foie, interactions graves avec certains médicaments, surdosage.

Le CBD ne semble pas avoir de potentiel addictogène et il n’entraîne pas de tolérance, même à forte dose. D’autres études sont toutefois nécessaires.

La consommation de CBD est-elle compatible avec la conduite ?

Les effets calmants du CBD sont en contradiction avec la conduite après sa consommation. D’autant plus que la consommation de CBD peut rendre un test salivaire positif au THC.

Conseils aux consommateurs :

  • Éviter de prendre du CBD lorsque l’on prend un traitement médical. Il existe des risques d’interactions graves.
  • Préférer la vaporisation au joint : le produit n’étant pas exposé à une flamme, il n’y a pas de combustion. La fumée qui émane de la vaporisation ne contient aucun produit toxique et ne présente donc pas de risque pour le système respiratoire, contrairement au joint.
  • Lorsque l’on vapote du CBD, il est important de choisir des e-liquides de qualité, auprès de fabricants qui garantissent une haute pureté en CBD et l’absence de THC ou d’autres substances dans leurs liquides.