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Soumission chimique en milieu festif : prévention et protocole pour organisateurs

Les événements festifs sont des espaces de convivialité et de liberté. Mais ils peuvent aussi être des contextes à risque en matière de violences, notamment lorsqu’interviennent des substances psychoactives.

La prévention de la soumission chimique et la prise en compte des situations de vulnérabilité chimique sont aujourd’hui des enjeux majeurs pour les organisateurs : sécurité des publics, responsabilité juridique, image de l’événement et climat global.

1. Soumission chimique vs vulnérabilité chimique : comprendre la différence

🔹 La soumission chimique

La soumission chimique désigne le fait d’administrer à l’insu d’une personne une substance psychoactive (alcool, médicament, drogue…) dans le but d’altérer son discernement ou sa capacité à se défendre, souvent en vue d’une agression, notamment sexuelle.

C’est une infraction pénale grave.

🔹 La vulnérabilité chimique

La vulnérabilité chimique désigne une situation où une personne devient vulnérable du fait de sa propre consommation (alcool, cannabis, médicaments, mélanges…), sans qu’il y ait nécessairement intention d’un tiers.

Exemples :

  • méconnaissance de la puissance d’un produit
  • consommation excessive d’alcool
  • mélange alcool + médicaments
  • fatigue + consommation

👉 Dans les deux cas, la personne peut perdre en vigilance, en capacité de consentement et en protection d’elle-même.

Pour un organisateur, la prévention concerne les deux dimensions.

2. Pourquoi les organisateurs sont concernés

Les organisateurs d’événements ont une responsabilité directe en matière de sécurité des participants. Assurer un cadre protecteur ne relève pas uniquement du bon sens : c’est une obligation inhérente à l’organisation d’un rassemblement festif.

Au-delà de cette responsabilité, il existe un véritable devoir moral de prévention des violences. Créer un espace festif implique de veiller à ce que chacun et chacune puisse y participer sans crainte pour son intégrité physique ou psychologique.

En cas de défaillance ou d’absence de dispositif adapté, le risque juridique peut être réel. Une mauvaise gestion d’une situation ou l’absence de protocole peut engager la responsabilité de l’organisateur.

Aujourd’hui, ignorer ces enjeux n’est plus une option. Mettre en place un cadre clair, structuré et connu des équipes constitue un véritable marqueur de professionnalisme et de sérieux.

3. Quel protocole mettre en place ?

🔹 Prévention en amont

  • Une communication claire : il est essentiel d’afficher des messages explicites contre les violences et la soumission chimique, de rappeler les principes du consentement et de rendre accessibles les ressources d’aide (numéros utiles, référent sur place, dispositifs d’accompagnement).
  • De l’information sur les risques : sensibiliser les participants aux dangers des mélanges de substances, rappeler l’importance de ne pas laisser son verre sans surveillance et déconseiller la consommation de produits dont l’origine est inconnue participent à réduire les situations de vulnérabilité chimique.
  • La formation des équipes : les membres de l’organisation doivent être en capacité de repérer les signes d’une altération inhabituelle de l’état d’une personne, d’accueillir sa parole avec sérieux et bienveillance, et de connaître précisément la conduite à tenir en cas de suspicion. Une équipe préparée est un facteur déterminant pour réagir rapidement et de manière adaptée.
Exemples d’affiches de prévention VHSS – cliquer sur limage pour parcourir le catalogue des outils

🔹 Organisation interne

Mettre en place :

  • un·e référent·e identifié·e (VHSS / sécurité)
  • un point d’accueil discret
  • une procédure écrite connue des équipes
  • un lien clair avec les services de secours si besoin

Avoir un protocole permet à chaque membre de l’équipe de savoir :

  • Qui est contacté en premier ?
  • Où la personne est-elle mise en sécurité ?
  • Quand appeler les secours ?
  • Qui rédige un compte rendu ?

Un protocole écrit protège autant la victime que l’organisation.

4. Comment réagir

Étape 1 : Mettre en sécurité : aller dans un endroit calme et isoler sans jamais la laisser seule

Étape 2 : Évaluer l’état : désorientation, trouble de la parole, somnolence rapide…

Étape 3 : Écouter sans juger : croire, ne pas minimiser, ne pas être intrusif dans les questions

Étape 4 : Préserver les éléments : conserver le verre, noter l’heure, le lieu, les témoins

Étape 5 : Tracer l’événement : rédiger un compte rendu avec les informations pour garder une trace qui pourra servir en cas de plainte et améliorer la prise en charge pour les événements suivants.

Retrouvez encore plus de détails sur comment réagir sur la page Agir en prévention – Soumission et vulnérabilité chimique